Prahara

 

La convention qui dicte les heures de performance pour un raga a été décrite pour la première fois dans le Saṅgītamakaranda. (Gangoly, 1935, p. 80 ; Kaufmann, 1965, p. 276) Selon Martínez (2001, p. 271), cette convention pourrait être reliée aux règles d’interprétations du Nāṭyaśāstra qui désignaient les types de chansons (dhruvā) à utiliser selon le déroulement du drame ; scène de jour, de nuit, de combat, etc.

 

Bhātkhaṇde présente sa propre thèse concernant les heures associées à la performance des ragas lors de la quatrième All India Music Conference à Lucknow en 1925. Celle-ci consiste à répartir les ragas en deux groupes selon la position de leur vādī : « From this you will see, that the proper location of the vādī note will enable you to determine whether a particular rāga is to be sung between mid-day and mid-night, or between mid-night and mid-day. » (Tel que cité par Gangoly, 1935, p. 90) Selon lui, les ragas ayant leur vādī situé dans le premier tétracorde (pūrvāṅga) sont interprétés entre minuit et midi et ceux qui ont leur vādī dans le deuxième tétracorde (uttarāṅga) sont interprétés entre midi et minuit.

Pour préciser à quelle heure du jour ou de la nuit chaque raga doit être associé, Bhātkhaṇde divise les ragas en trois groupes sur la base de leurs svara. Le premier groupe comprend les ragas ayant les svara Re, Ga et Dha ; il regroupe donc les trois premiers ṭhāṭa, Kalyāṇa, Bilāvala et Khamāja. Le deuxième groupe comprend les ragas qui possèdent les svara re, Ga et Ni ; il regroupe les ṭhāṭa Bhairava, Pūrvi et Māravā. Le troisième groupe comprend les ragas qui possèdent les svara ga et ni ; il regroupe les ṭhāṭa Kāfī, Āsāvarī, Bhairavī et Toḍī. Selon les observations de Bhātkhaṇde, les ragas du premier groupe sont traditionnellement interprétés pendant les heures qui suivent le lever du soleil (pour les pūrvāṅga raga) et pendant celles qui suivent le coucher du soleil (pour les uttarāṅga ragas). Les ragas du deuxième groupe sont associés aux heures cruciales de la jonction du jour et de la nuit, c’est-à-dire les heures correspondant au lever et au coucher du soleil. Ces ragas sont ainsi qualifiés par le terme sandhiprakāśa (littéralement, « rencontre de la lumière »). Quant aux ragas du troisième groupe, ils sont traditionnellement interprétés avant le lever du jour pour les pūrvāṅga ragas) et avant la tombée de la nuit (pour les uttarāṅga ragas).

 

Grâce à ce système d’association qui relève de la convention bien plus que de la théorie dans la mesure où il repose sur les choix arbitraires d’un musicologue, il suffit de connaître le vādī d’un raga pour déterminer s’il doit être interprété entre minuit et midi ou entre midi et minuit ; et une simple analyse des svara du raga permet de délimiter la période du jour ou de la nuit propice à son interprétation. Bhātkhaṇde ne donne pas d’heures précises pour chacune des périodes, celles présentées ici sont basées sur les heures du lever et du coucher du soleil mentionnées par Gangoly (1935, p. 91).

Références :

  • Gangoly, O. C. (1935). Rāgas & Rāgīnis: A pictorial & Iconographic Study of Indian  Musical Modes Based on Original Sources. Bombay: Nalanda Publications.

  • Kaufmann, W. (1968). The Ragas of North India. Bloomington, London: International Affairs Center by Indiana University Press.

  • Martínez, J. L. (2001). Semiosis in Hindustani Music. Delhi : Motilal Banarsidass Publishers.

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Note sur la translitération

Ce site a été créé par Jonathan Voyer en collaboration avec Pandit Satish Vyas et Maneesha Kulkarni (University of Mumbai) dans le cadre d'un projet postdoctoral en recherche-création. Ce projet a reçu l'appui financier du Fonds de recherche du Québec (FRQSC).  

Nous avons opté pour la translittération plutôt que pour la transcription. Nous utilisons le système de « l’alphabet international pour la translittération du sanskrit » (IAST). Ainsi, le terme « बंदिश » est translittéré en « bandiśa » et non transcrit en « bandish ». Tous les termes translitérés sont neutres et écrits en italique, à l’exception des noms propres (incluant le nom des ragas, ex. Ahīra Bhairava). La voyelle silencieuse « a » rattachée au consonnes finales est conservée par soucis d'uniformité. Les termes déjà francisés sont écrits tels quels, on lira donc « raga » et non « rāga ».

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