La musique hindoustanie

​La musique hindoustanie fait partie de ce que les musicologues indiens nomment le śāstrīya saṅgīta ; il s'agit d'une musique (saṅgīta) s'appuyant sur une science (śāstra) documentée dans les traités (śāstra) musicologiques de l'Inde. Le terme hindoustanie fait référence dans le contexte de la musique à une aire géographique, le nord de l’Inde, et non à une appartenance religieuse. Il marque la distinction entre cette musique et l’autre grande tradition musicale du śāstrīya saṅgīta : la musique karnāṭika (carnatique), au sud de l’Inde.

La division géographique des deux traditions musicales du śāstrīya saṅgīta correspond à l’influence de la culture perse au nord et au développement d’une culture musicale distincte au sud. En effet, dès le règne du Sultan de Delhi, Al-ud-dīn Khaljī (1296 à 1316), les musiciens indiens et perses ont su bénéficier d’une plateforme de choix dans les cours royales du nord de l’Inde pour développer leur art et échanger leur culture musicale. Cet échange fructueux a contribué au développement d’une musique distincte possédant ses propres genres musicaux et sa propre instrumentation.

Maharana Ari Singh et ses invités au Jag niwas Palace Artistes : Bhima, Kesu Ram, Bhopa & Nathu Date: 1767 A.D. The Metropolitan Museum of Art.

Maharana Ari Singh et ses invités au Jag niwas Palace

Artistes : Bhima, Kesu Ram, Bhopa & Nathu

Date: 1767 A.D.

The Metropolitan Museum of Art

La musique hindoustanie est une musique de concert s’adressant à un public général. Elle se distingue de la musique « dévotionnelle » et de la musique « religieuse » associées aux cultes par sa forme, sa fonction et ses modes de présentation. Elle se distingue également de la musique folklorique et de la musique populaire issue de l’industrie du cinéma indien. Elle entretient toutefois des liens évidents avec ces deux genres musicaux du fait qu’elle n’a cessé d’emprunter au premier et d’influencer le second. La musique hindoustanie ne fait pas appel aux procédés d’orchestration et au jeu simultané de plusieurs instruments mélodiques, il s'agit d'une musique modale ayant pour composantes la mélodie (raga) et le rythme (tāla). Ce site est consacré à la première de ces deux composantes.

Pour aller plus loin : 

  • Bhatkhande, V. N. (1916). A Short Historical Survey of the Music of Upper India. Baroda: Indian Musicological Society.

  • Bor, J., Delvoye, F., Harvey, J., et Nijenhuis, E. (2010) Hindustani Music: Thirteenth to Twentieth Centuries. New Delhi: Manohar.

  • Jairazbhoy, N. A. (2011). The Rāgs of North Indian Music: Their Structure and Evolution. Mumbai: Popular Prakashan PVT. LTD.

  • Martínez, J. L. (2001). Semiosis in Hindustani Music. Delhi: Motilal Banarsidass Publishers.

  • Moutal, P. (2012). Hindustānī Rāga Saṅgīta : mécanismes de base de la musique classique du nord de l’Inde. Paris : Patrick Moutal Éditeur

  • Neuman, D. M. (1990). The Life of Music in North India: The organization of an artistic tradition. Chicago: University of Chicago Press.

  • Raja, D. (2005). Hindustani Music: A Tradition in Transition (2015 ed.). New-Delhi : D.K. Printworld.

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À propos
Note sur la translitération

Ce site a été créé par Jonathan Voyer en collaboration avec Pandit Satish Vyas et Maneesha Kulkarni (University of Mumbai) dans le cadre d'un projet postdoctoral en recherche-création. Ce projet a reçu l'appui financier du Fonds de recherche du Québec (FRQSC).  

Nous avons opté pour la translittération plutôt que pour la transcription. Nous utilisons le système de « l’alphabet international pour la translittération du sanskrit » (IAST). Ainsi, le terme « बंदिश » est translittéré en « bandiśa » et non transcrit en « bandish ». Tous les termes translitérés sont neutres et écrits en italique, à l’exception des noms propres (incluant le nom des ragas, ex. Ahīra Bhairava). La voyelle silencieuse « a » rattachée au consonnes finales est conservée par soucis d'uniformité. Les termes déjà francisés sont écrits tels quels, on lira donc « raga » et non « rāga ».

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